#100 miles of istria


"Notre aventure croate" - racontée par Olivier


Vendredi 12 avril, 19h, je prends la navette direction le port de LOVRAN où j'arrive à 21h.

Je retrouve Thierry et son assistance, qui aura été au top tout au long de la course.


Le temps de prendre quelques photos, de finir de se préparer et de profiter de l'ambiance et le départ approche. L'excitation du départ de course que j'attendais tant arrive enfin. Après quelques échanges avec Thierry, nous décidons de partir vite afin d'éviter d’éventuels bouchons lors de la première montée, nous commençons en effet par une grimpette de 1400D+ sur les 8 premiers km.





Nous nous plaçons juste derrière les coureurs élite, au deuxième rang, et let's GO!

Thierry part comme une flèche, j'ai du mal à suivre. Ça grimpe immédiatement et, parti à froid, je suis rapidement en surrégime. Au bout de quelques centaines de mètres, nous attaquons une série de marches, marches que nous aurons pendant la moitié de l’ascension. J'arrive à garder le rythme malgré l'intensité de l'effort et distance légèrement Thierry. Ma température corporelle grimpe également tout de suite et rapidement c'est un sauna dans mon K-way. Je suis étonner du niveau de la course et de la rapidité à laquelle on est parti. Je maintiens ce rythme tout au long de l'ascension avec 850D+ à l'heure. Arrivé à 1h de course, je fonds dans mon K-way! J'hésite à l'enlever, mais si je m'arrête, le gros du peloton va me rattraper et puis de toute façon il va falloir le remettre. Un dernier gros mur et nous arrivons sur la partie haute et, là, nous nous retrouvons avec 20 à 30 cm de neige au sol, du brouillard, du vent et en plus il neige bien. Je passe immédiatement du "mouillé hammam" au "mouillé surgelé", mais je me rassure en me disant que ça ne devrait pas durer bien longtemps (30 min au plus).

Enfin le sommet, que j’atteins avec 20 min d'avance sur le prévisionnel (cool). Je suis dans un petit groupe et on accélère fortement dans la partie descendante, sur des œufs car la route est verglacée et avec la lumière de la frontale, le brouillard est super opaque et on a du mal à voir la route. Dans cette configuration , nous ratons tous la bifurcation et nous retrouvons 500 mètres trop bas. Le temps de remonter et de retrouver la route, je reconnais une silhouette dans le brouillard devant moi, c'est Thierry. Nous descendons ensemble, sans pouvoir vraiment courir, ça glisse vraiment beaucoup entre la neige, puis la boue. Les chemins sont pleins de racines et de pierres glissantes et avec ce brouillard c'est compliqué d'anticiper. Après plusieurs chutes sur les fesses, nous arrivons au premier ravito, POKLON. Thierry n'aime pas s'arrêter sur les ravitos en général et surtout au début, alors nous filons direct, nos réservent de nourriture et d'eau sont encore suffisantes. Nous avançons bien et nous doublons plein de concurrents ce qui à tendance à me booster encore, mais Thierry me fait remarquer que nous dépassons les concurrents de la course rouge (ceux qui ont déjà 70 km dans les jambes). Il était convenu de faire chacun sa course, car dans ce genre d'épreuves il est important de trouver son propre rythme et de le garder. Je suis en pleine forme et je distance un peu Thierry, ma fraîcheur par l'absence de course depuis trois semaines doit sûrement jouer. Mais vers le 23ème km et 3h30 de course je commence à sentir la fringale arriver (je ne me suis pas encore assez alimenté et hydraté, mes gourdes sont encore bien pleines). Je mange une barre et arrive au ravito de BRGUDAC et là, première erreur, je me goinfre de ventrèche, de fromage de brebis, de tartines de confitures... pendant 5 min au bout desquelles Thierry me rejoins et nous repartons ensemble.

L'ascension qui suit est difficile pour moi, la tête tourne, j'ai mal au ventre et je me sens vidé. J'ai trop mangé au ravito et la digestion est bloquée. J'arrive tant bien que mal à suivre Thierry, mais vers le 30ème km, petit à petit les choses rentrent dans l'ordre et je retrouve mon rythme, je distance Thierry une nouvelle fois, il me rejoindra au ravito de TRSTENIK d'où nous repartirons ensemble. Toute cette période, et même jusqu'à BUZET, épuise nos organismes, entre le froid, la pluie et les descentes glissantes où nous devons compenser en permanence pour ne pas tomber. Moi qui suis plutôt amateur de descentes, je suis un peu frustré de ne pas pouvoir me laisser aller, toujours sur la retenue. Une dernière ascension où nous avons le plaisir de voir le jour se lever sur les montagnes que nous venons de traverser et c'est la grande descente sur Buzet où j'arrive dans les délais que je m'étais fixés (58 km et 9h35 de course). Je sens que cette longue descente à laissé des traces et mes jambes deviennent lourdes. Pour me réconforter, je me change et je mange (trop: deuxième erreur). Je me goinfre, pâtes, poulet ,ventrèche, fromage,... et bois plein de Coke. Thierry me rejoins après 20 minutes mais commence à avoir mal au genou et est inquiet. Il ne se change pas, se repose un peu, mange ce qu'il a dans son sac et recharge ses bidons, nous repartons ensemble. Je me serais arrêté 40 minutes au lieu des 20 prévues mais bon, je suis avec Thierry et c'est vraiment sympa de courir ensemble à peu près au même rythme.


La montée suivante confirme ce que je craignais, je n'ai plus de jambes et j'ai mal au ventre à cause de la surconsommation à BUZET. Thierry, lui, malgré sa douleur, a l'air en forme et je ne peux le suivre dans la montée, je le vois s'éloigner inexorablement. Cette montée me paraît interminable avec des faux plats ou je suis incapable de relancer. J'arrive enfin en haut et réussis de lâcher ma foulée dans la descente sans appréhension de la chute. Et là, miracle, les jambes répondent et je peux descendre à bon rythme en doublant pas mal de coureurs qui m'avaient doublé dans la montée. En arrivant en bas, j'entends une clameur et reconnaît l'assistance de Thierry, je ne suis donc pas loin de lui et je continue à mon rythme.




Je le rattrape juste avant la montée suivante et nous faisons route ensemble jusqu'au ravito suivant à OPRTALJ, en se motivant chacun à relancer tant bien que mal. Là, Thierry se change enfin et se soigne, son genou est toujours douloureux.




Nous repartons et, dans la descente, je me rends compte que j'ai oublié mes bâtons au ravito, mais pas question de remonter (l'assistance me rapportera mes bâtons au ravito suivant, ouf). Dès que la montée suivante arrive, je ne peux plus suivre Thierry et je ne le retrouverai qu'à l'arrivée. Le manque d'entraînement consécutif à ma blessure qui m'avait permis une grande fraîcheur en début de course se retourne contre moi.





Les 30 derniers kilomètres sont interminables et que les minutes sont longues quand on marche. J'arrive à trottiner en descente et je me rassure en voyant le profil de la course qui me dit que les 20 derniers kilomètres sont descendant, mais pour moi ce ne sera qu'un faux plat. Je sais que j'arriverai au bout, mais dans combien de temps? Je tente plusieurs fois de relancer mais en vain, 100 ou 200 mètres au plus tout au long de ces 4h30 de fin de course. Dès que j'arrive à un ravito j'ai le droit à une assistance au top et on me dit à chaque fois que Thierry vient de repartir, mais je ne pourrai jamais relancer pour le rattraper.





Au final, ce sera 18h04 pour moi et 17h45 pour Thierry qui a réussi malgré son épuisement supérieur au mien et sa douleur au genou à relancer par moment. Je lui tire un grand coup de chapeau et mesure sa force mentale bien supérieure à la mienne. Je suis fier d'avoir couru avec lui et d'avoir pu constater les énormes progrès qu'il a fait depuis sa maladie et depuis son dernier trail (75km en presque 15h). Nous aurons chevauché ensemble pendant une bonne partie et c'était vraiment super!






Merci à tous pour vos encouragements et vos soutiens. Un grand merci tout particulier aux amis de Thierry qui m'ont vraiment soutenu quand j'en avais besoin.



Il ne reste plus que 30 jours et encore 2000 euros pour alimenter notre cagnotte, alors aidez-nous et prospectez autour de vous (2000€ c'est 10€ pou 200 personnes).

Merci encore,


Olivier


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